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Etudiants
Lors du procès d’Outreau, un expert mis en cause aurait répliqué « quand on paie une expertise au tarif de femme de ménage, il ne faut pas s’étonner d’avoir une expertise de femme de ménage ».
Selon que vous êtes prévenu, victime, juge ou femme de ménage, cette assertion à la logique discutable offre d’étranges développements.
J’ai remarqué que cela ne choque pas grand monde de confier une étude de marché à un étudiant, une création de marque à un stagiaire ou une campagne de pub à son imprimeur. L’argument du salaire est superfétatoire : c’est devenu un sport national. Il est vrai qu’ici, on ne risque pas trois ans de prison et ses funestes conséquences.
Et à juste titre, les étudiants viennent de manifester leur désaccord sur des pratiques répréhensibles. Ils paient deux fois pour avoir le droit de travailler gratis : une première fois le droit d’inscription pour avoir l’indispensable sésame qui leur confère le statut et l’étiquette avantageuse, alors même que parfois ils ne remettront les pieds à l’école que quelques jours, une deuxième fois en travaillant l’année scolaire pour rien dans une riche et prestigieuse entreprise où ils espèrent se faire embaucher. A ces conditions, les plombiers polonais n’ont aucune chance !
L’école, l’entreprise, l’étudiant portent chacun leur part de responsabilité dans ce contrat moral (et qui doit le rester), et l’on sera bien inspiré de s’abstenir de légiférer, faute de quoi il risque de dégénérer, et ce sera forcément au détriment des victimes.
L’école forme des étudiants pour les entreprises, c’est son business. L’entreprise prend utilement le relais là où s’arrêtent les compétences de l’école. Le reste est une question d’éthique, parce qu’au bout, l’étudiant veut trouver un job : c’est la promesse de l’école et le sens de sa vie.
Bernard Henras
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